Quelques heures seulement après le succès du Vol 13 de Starship, Elon Musk a posté un message court sur X qui résume l’ambition du prochain lancement. « Sauf si nous découvrons des problèmes après l’analyse des données de mission, SpaceX tentera d’attraper le vaisseau avec la tour lors du prochain vol », a-t-il écrit le 25 juillet 2026. Ce “prochain vol”, c’est le Vol 14, et ce que Musk décrit représente une première absolue dans l’histoire spatiale.
Ce que SpaceX veut faire exactement
Le plan est simple à comprendre, difficile à exécuter. Jusqu’ici, les bras mécaniques de la tour de lancement (surnommés “Mechazilla” ou “chopsticks”) ont uniquement servi à récupérer le Super Heavy, le premier étage de Starship. Lors du Vol 5 en octobre 2024, Booster 12 avait été capturé en plein air pour la première fois. Depuis, l’opération a été répétée avec Boosters 14 et 15, et plusieurs d’entre eux ont été réutilisés après inspection et remise en état.
Ce que SpaceX n’a jamais tenté, c’est attraper le “ship”, l’étage supérieur orbital, de la même façon. Le Vol 14 changerait ça.
Concrètement, le vaisseau rebrousserait chemin après sa mission, rentrerait dans l’atmosphère comme il l’a fait lors du Vol 13, mais au lieu de se poser dans l’océan, il serait capturé par les bras de la tour à Starbase, au Texas.
Si ça fonctionne, SpaceX aurait récupéré les deux étages d’une fusée orbitale en plein vol, sans pattes d’atterrissage, sans droneships, sans délai de flottaison. Un cycle de réutilisation rapide devient alors vraiment possible.
Pourquoi le Vol 13 rend cette tentative crédible
Le Vol 13 s’est déroulé le 24 juillet depuis Starbase. Booster 20 et Ship 40 ont décollé à 23h51 (heure française). La mission a duré environ une heure.
Plusieurs éléments ressortent selon Teslarati :
- Le Super Heavy Booster 20 a réussi un splashdown contrôlé dans le Golfe du Mexique six minutes après séparation. C’est une nette amélioration par rapport au Vol 12 en mai, où le booster avait perdu plusieurs moteurs pendant la brûlure de retour avant un amerrissage brutal.
- Ship 40 a déployé 20 satellites Starlink V3 opérationnels, une première. Lors du Vol 12, SpaceX avait utilisé des simulateurs de masse. Là, c’était de la vraie charge utile.
- Le splashdown du vaisseau dans l’océan Indien a été qualifié par le commentateur SpaceX Dan Huot de « splashdown le plus doux que nous ayons jamais réalisé ». Les images post-amerrissage ont montré un bouclier thermique intact, une première visuelle de cette qualité.
Ces données sont précisément ce que les équipes vont éplucher avant de valider ou non la tentative de capture au Vol 14.
Une technique que personne d’autre ne maîtrise (presque)
La récupération en vol par bras mécaniques est une rupture franche avec les méthodes habituelles. Falcon 9 et New Shepard de Blue Origin atterrissent sur des pattes, soit sur terre, soit sur des plateformes maritimes. Rocket Lab a récupéré son Electron par hélicoptère, mais c’est un lanceur léger, incomparable en masse et en énergie cinétique.
Un seul autre acteur a réussi cette capture de booster par tour : le CALT (China Academy of Launch Vehicle Technology), filiale du CASC chinois, qui a complété l’opération le 10 juillet 2026. C’est la seule entité au monde, avec SpaceX, à avoir réussi ce type de récupération.
Attraper le vaisseau en plus du booster pousserait SpaceX encore plus loin. La pleine réutilisation des deux étages est la clé pour faire chuter le coût par lancement et rendre viables les missions lunaires Artemis (NASA) puis les futures missions Mars.
Ce que ça change pour Tesla et l’écosystème Musk
Ce sujet dépasse la fusée. SpaceX est cotée en bourse depuis fin mai, et Musk avait déjà averti les vendeurs à découvert de ne pas parier contre l’entreprise. Le titre avait glissé sous son prix d’introduction de 135 $ depuis mi-juillet. Un Vol 13 propre, suivi d’une annonce ambitieuse pour le Vol 14, envoie un signal clair aux marchés : les équipes progressent vite et les problèmes du Vol 12 sont derrière elles.
Pour les propriétaires de Tesla et les observateurs de l’écosystème Musk, la performance de Starship a aussi une dimension industrielle directe. Les Starlink V3 déployés lors du Vol 13 doivent alimenter une constellation plus dense et plus rapide, ce qui renforce la connectivité Tesla-Starlink déjà commercialisée pour les véhicules hors couverture cellulaire.
Ce que ça change pour toi
Si tu suis l’actualité Tesla de près, tu sais que les marges nettes par voiture ont chuté depuis 2022. La réusabilité de Starship, elle, va exactement dans le sens inverse : réduire les coûts fixes pour chaque lancement. Chaque mission réussie rend les suivantes moins chères. C’est le modèle économique que SpaceX construit depuis dix ans avec Falcon 9, porté à une autre échelle avec Starship.
À court terme, le Vol 14 n’a pas encore de date. SpaceX a indiqué vouloir pousser vers une tentative orbitale complète sur ce prochain vol. La capture du vaisseau s’ajouterait à cet objectif. Les deux sont conditionnels à l’analyse des données du Vol 13.
Mon avis
Le Vol 13 est l’un des tests les plus propres que Starship ait jamais réalisé. Deux récupérations, une charge utile réelle déployée, un bouclier thermique intact après amerrissage. L’annonce du Vol 14 ne ressemble pas à de la communication : Musk conditionne explicitement la tentative à l’analyse des données. C’est plus prudent que ce qu’il dit d’habitude. À mon avis, si les données confirment ce que les images montrent, la capture du vaisseau au Vol 14 est réaliste. Ce serait la démonstration la plus importante de l’année dans le spatial.
Information & avertissement
Cet article est à visée informative et journalistique. Les données de performance citées proviennent de sources publiques (SpaceX, Teslarati, Space.com). Aucun élément de cet article ne constitue un conseil financier ou d’investissement. Les performances passées des véhicules ou des lancements ne préjugent pas des résultats futurs.
FAQ
Qu’est-ce que SpaceX veut faire différemment au Vol 14 ?
SpaceX veut tenter de récupérer le vaisseau Starship (étage supérieur) avec les bras mécaniques de la tour de lancement à Starbase, exactement comme elle le fait déjà avec le Super Heavy booster. Ce serait une première mondiale pour un étage supérieur orbital.
Pourquoi la capture du vaisseau par la tour n’a pas encore été tentée ?
Musk a été clair sur ce point : SpaceX voulait d’abord valider plusieurs splashdowns doux dans l’océan pour minimiser les risques de débris au-dessus des terres. Le Vol 13 a fourni cette confirmation avec le splashdown le plus propre jamais enregistré.
La Chine a-t-elle déjà réussi une capture similaire ?
Oui. Le CALT (filiale du CASC) a réussi la capture de son booster le 10 juillet 2026. C’est la seule entité avec SpaceX à avoir accompli cette manœuvre pour un booster. Personne n’a encore récupéré un étage supérieur orbital de cette façon.
Quel lien entre Starship Vol 14 et les satellites Tesla Starlink ?
Les Starlink V3 déployés lors du Vol 13 doivent renforcer la constellation Starlink, utilisée notamment pour la connectivité hors réseau cellulaire dans les véhicules Tesla. Une cadence de lancement plus rapide grâce à la réutilisation accélère le déploiement de cette constellation.
Quand aura lieu le Vol 14 de Starship ?
SpaceX n’a pas communiqué de date précise. Le calendrier dépend de l’analyse complète des données du Vol 13. La société a indiqué vouloir viser une tentative orbitale complète lors de ce prochain vol.



